mercredi 11 juin 2014

A Cuban Diary #6: From A Horse's Back (And A Cave)


La robe alezane du cheval, d'un brun lustré tirant sur le roux, prend sous le soleil des reflets d'or qui me captivent (il est tôt et nous avons peu dormi). Elle a le même soyeux que celle, bleu roi, des paons dissimulés à l'ombre de nappes frôlants le sol à cette terrasse de La Havane. 

Et là, la lumière oblique du matin - celle qui allonge les ombres et les rend plus pâles - sur les mogotes. À perte de vue.

Mogotes: formations calcaires, masses rocheuses curieusement envahies par la végétation et aux crêtes hérissées de palmiers. Des cocotiers; ceux-là ont le tronc lisse, d'un gris clair tâché de rouille et de blanc.

Plus tard, se délasser dans l'eau trouble et glacée d'une piscine naturelle au fond d'une grotte; et pour la première fois, faire l'expérience du noir le plus total. 

Et du silence, seulement troublé par le son clair de quelque goutte d'eau qui s'égare dans l'une de ces innombrables mares aux fonds opaques et poudreux. L'eau s'enfonce plus loin encore, et même à la lumière blafarde de nos lampes, on ne saurait voir jusqu'où. 

Les parois de la grotte sont étrangement lisses. Trempées aussi; et de sentir sous mes paumes ces surfaces si bizarrement, si parfaitement douces et humides et fraîches, j'ai la sensation de me trouver dans le ventre d'une chose quasi-organique. 



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