lundi 30 juin 2014

J'ai testé pour vous... assister à une fashion week #1

À travers mon travail pour Newton Magazine j'ai eu la semaine dernière l'occasion d'assister à des défilés masculins ; et pas des moindres.  Je sais que beaucoup de personnes, même ne s'intéressant que peu ou pas au monde de la mode, aimeraient ne serait-ce qu'une fois faire cette expérience; aussi j'ai parfaitement conscience d'être extrêmement privilégiée (gardez cela en tête pour la suite). 

Parce que j'aimerais partager au mieux ce que j'ai pu vivre pendant ces quelques jours à Paris, je voudrais d'abord revenir sur ma perception du milieu de la mode, en commençant par ses origines - ce qui signifie un bond de plus de douze ans dans le passé. 

Patience. Le vrai glamour et le milieu vache viendront ensuite.



Mon intérêt pour le vêtement n'est pas né de conversations en cinquième sur la dernière paire de Nike Air Max ou le tee-shirt tout neuf de Valentine, ni de séances de lèche-vitrine, ni même de photos dans un magazine. Il est né de la façon la plus innocente qui soit: à l'école primaire après la fin des cours je m'asseyais sagement au fond de la classe de Maman pour lire à peu près tout ce qui me tombait sous la main; du dernier J'aime Lire à un manuel d'entomologie à l'usage des enfants. Et un vieux manuel de couture jauni qui tombait en morceaux.

Mon intérêt pour le vêtement est né de ma passion pour les mots. J'ignorais à quoi pouvait ressembler la feutrine, le velours ou un galon; et pourtant je goûtais la façon dont ces mots résonnaient dans ma tête. À force de leçons de couture - oui je devais être une des rares enfants de ma génération à prendre des leçons de couture; et oui je trouvais cela merveilleux - et de visites à Mondial Tissus, j'appris à mettre des textures et des images sur ces mots.

En grandissant j'abandonnai les travaux manuels et, le hasard aidant, m'immergeai d'avantage dans certaines lectures. En CM2 j'eus un coup de foudre pour les suppléments du Nouvel Observateur que mes parents stockaient... dans les toilettes. Au moins ils ne s'en servaient pas pour caler des meubles. Je lus le Spécial Joaillerie jusqu'à ce que les pages en tombent, je me pris de passion pour les grandes histoires du patrimoine de Chopard, Swarovski ou Boucheron. Parce que la mode était à la "bourgeoise revisitée" j'imaginai des bourgeoises en longs gants de cuir et jupons opulents sans avoir la moindre idée de ce que pouvait signifier, réellement, le mot "bourgeoise".

Jusqu'à l'adolescence, j'abordai l'univers du luxe et de la mode avec une grande naïveté. Je n'imaginai pas qu'il pût être destiné à d'autres personnes, dans d'autres contextes et avec d'autres comptes en banque. Parce que je m'immergeai dans mes lectures avec tant de facilité et de passion, je supposai que ces fabuleux vêtements n'attendaient que mon passage à l'âge adulte pour m'être aussitôt offerts.

Bien sûr je déchantai; mais pas suffisamment pour m'abstenir d'acheter mes premiers Vogue et Stiletto. Avec eux et les prix affichés en italique dans les pages Mode, je découvris la vraie signification du mot 'luxe' et affûtai mon sens du snobisme. 

à suivre... (histoire en trois épisodes (a priori))

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