vendredi 11 juillet 2014

J'ai testé pour vous... assister à une fashion week #2

Ceci est une deuxième partie, qui fait suite à cet article




J'ai quinze ans et l'âge des dérives vestimentaires. Je dévalise Urban Outfitters et Noir Kennedy dès que mon argent de poche me le permet, porte une jupe-tutu avec des spartiates compensées, un manteau à capuche géante façon Dark Vador et une mini-jupe en satin rouge qu'aujourd'hui je ne laisserais ma petite cousine porter pour rien au monde.

Et j'imagine que j'ai un look "éditorial".

C'était l'essor des blogs de mode, qui non seulement vous montraient qu'on n'a pas besoin d'être ultra-friqué pour avoir un look génial, mais en plus vous emmenaient occasionnellement dans les coulisses du monde du luxe. Ils humanisaient le milieu et en l'humanisant le rendait d'autant plus désirable; mais toujours un peu inaccessible quand même. 

Les blogueuses ont  fini par créer une sorte de classe intermédiaire entre le commun des mortels et les sommets d'Elias Clark de Condé Nast. Un peu plus humaines et avec une sorte de pouvoir différente, voilà tout.  

Je ne sais pas trop ce que j'ai fabriqué pendant ma première année d'études supérieures. Peut-être qu'à force de suivre l'évolution de ces personnes a priori comme moi, mais dans un milieu très très éloigné de moi, j'ai fini par poser sur la mode un regard un peu moins émerveillé et un peu plus lucide. 

Cette année j'ai lu Threads, qui décrit l'industrie du vêtement comme une machine infernale sur laquelle personne n'exerce de vrai contrôle - perspective franchement déprimante, il faut bien le dire. Et puis, il y a eu toutes ces campagnes sur l'acceptation de soi, contre la maigreur des mannequins, etc etc. Tout un tas de choses mêlées qui rendaient à mes yeux - et à beaucoup d'autres - cette industrie un peu malsaine et surtout très très frivole; et donc, pas suffisamment importante pour que je m'en préoccupe et surtout qu'on me prenne au sérieux. 

Bizarrement, c'est à ce moment précis que je finis par accepter. Que ce monstre, ce monde inaccessible au commun des mortels me fascinait plus que tout. Qu'au-delà de cet élitisme qui le rendait si attirant, il était un éternel vivier d'artistes et de talents que je ne me lasserais jamais - ou pas avant très longtemps - d'explorer. Qu'il était quelque part un art à la fois représentatif de son époque et visionnaire.

Que la perspective de pouvoir un jour peut-être travailler avec des moyens quasi-illimités à inventer, ou à contribuer à inventer un rêve, me séduisait plus que tout. 

J'ai recommencé à lire pour être capable d'écrire à nouveau. J'ai décroché ce poste chez Newton


à suivre

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