lundi 14 juillet 2014

J'ai testé pour vous... assister à une fashion week #3

Cet article fait suite à celui-ci et celui-là

Comment se constituer en trois jours une garde-robe digne d'être immortalisée par un Tommy Ton en herbe, quand on est dans le rouge ? 

Je vais vous le dire. C'est impossible. 

En réalité, très possible. Si seulement au lieu de me casser la tête chez Zara je m'étais simplement arrêtée chez Foot Locker (lol) pour y acheter une paire de Stan Smith. Je vous jure. Je vous dis ça parce que j'ai longuement observé la faune qui assiste aux défilés masculins: enfilez une paire de Stan Smith et hop, vous aurez l'impression de faire partie de la grande famille de la mode.

Comme à l'époque je n'en savais encore rien et que surtout, je trouvais que les Stan Smith c'est quand même moche, j'ai rapidement abandonné l'idée de me faire remarquer - dans le bon sens - et j'ai empilé dans ma valise-cabine tee-shirt blanc sur tee-shirt gris et chemise à fines rayures sur denim brut, le tout dans l'espoir de passer totalement inaperçu - dans le bon sens aussi. 

J'ai quand même balancé avec le tout une paire d'escarpins à bouts pointus J. Crew et une multitude de mini-bagues dorées en toc. Juste histoire de montrer que je savais quand même ce que je faisais et que je n'avais pas atterri là entièrement par hasard, vous comprenez.




Résultat des courses:

* J'ai abandonné les talons dès le premier jour. Comprenez que s'il y a bien quelque chose de pire que de devoir parcourir des centaines de mètres sur des talons aiguille, c'est de devoir rester immobile des heures durant sur des talons aiguille - inévitable si comme moi, vous n'avez souvent pas de place assise. Et pas de chauffeur.

* La mode est un milieu plutôt froid. Ne vous attendez pas à engager une discussion animée avec votre voisin, unis que vous serez par les liens sacrés de votre passion commune pour le vêtement. En revanche, dès que vous serez entré en interaction avec une personne au moins une fois, vous pourrez toujours vous adresser à elle comme à une vieille connaissance, l'appeler par son prénom, la tutoyer et prendre l'air a-bso-lu-ment ravie de la revoir. Même si vous n'aviez jusque-là échangé que par e-mails. 

 * C'est plutôt intéressant de voir les mannequins en-dehors des podiums - par exemple, quand ils prennent le même métro que vous. Ces sublimes dandys au regard de braise redeviennent alors ce qu'ils étaient dans la vraie vie: de grands lycéens tout efflanqués, en Converse et sac Eastpack sur le dos. Étonnant et quelque part, un peu attendrissant.   

* Quand on débute comme moi, on se sent parfois très lépreux (quand une file d'attente spéciale "non-presse, non-acheteur, donc si vous y figurez c'est que vous n'êtes PERSONNE" vous est réservée au défilé Kris Van Assche) et parfois extrêmement privilégié (quand vous entrez au Tennis Club de Paris pour le défilé Dior).

* D'ailleurs parlons-en, du défilé Dior. On s'y rend sous les flashs de dizaines de photographes à l'affût à tous les coins de rue, et le regard envieux des filles postées à l'entrée dans l'espoir d'apercevoir telle ou telle célébrité. J'ai d'ailleurs assisté à une crise d'hystérie collective quand une star masculine de K-pop ou je ne sais quoi s'est pointée. Paraît que j'ai aussi raté Lagerfeld, Pierre Niney, et des dizaines d'autres. Mais j'ai assisté au défilé Dior, et c'est l'essentiel. Je ne voudrais pas employer d'expression trop clichée, mais j'en suis sortie sur un petit nuage et la tête dans les étoiles (mais peut-être était-ce à cause des flashs? hahaha).

* Sur la fin j'ai commencé à éprouver les effets d'un snobisme grandissant sur ma petite personne. À l'entrée du défilé X. 'Non mais, comment osent-ils nous faire patienter de la sorte, sur un trottoir pourri dans une rue toute pourrie? Et celui-là, non mais pour qui il se prend? Cette collection est d'un ennui... Et les mannequins font tellement amateur; enfin au moins c'est distrayant'. Note pour l'avenir: il va falloir que j'apprenne à surveiller mon Moi intérieur histoire de ne pas devenir complètement insupportable.   

Bref, j'ai assisté à une fashion week.

J'ai encore du mal à préciser les quelques millions de sentiments qui se sont bousculés dans ma tête à chaque début de défilé. À moins qu'ils ne puissent se résumer en un seul: la plénitude. La sensation d'être enfin arrivée quelque part.

Seulement, aussi reconnaissante que je puisse être d'avoir pu vivre cette expérience une fois, j'espère qu'il ne s'agissait pas exactement d'une fin; plutôt des débuts de quelque chose de plus grand encore.


Merci à vous qui me suivez, et un excellent début de semaine à vous. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire